ESPAGNE - Manifeste pour l’abrogation des accords avec le Saint-Siège Vers un État laïque
A l’occasion du voyage officiel du Pape Léon XIV, en Espagne (9-12 juin 2026), les principales associations laïques ont pris position contre le caractère confessionnel consenti à cette visite par les autorités politiques.
Elles ont demandé, une fois de plus, l’abrogation du Concordat qui lie le pays au Saint-Siège et souligné combien ce statut fragilise une démocratie difficilement conquise.
Michel Fouillet, juillet 2026.
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Traduction
60 organisations et plus de 140 personnalités lancent un manifeste et recueillent des signatures pour l’abrogation des accords avec le Saint-Siège
"Nous pensions qu’un gouvernement aux orientations progressistes ouvrirait la voie à des réformes profondes. Toutefois, dans un contexte de soutien fragile et de résurgence d’anciennes forces réactionnaires, ces transformations ne se sont pas concrétisées ou ont stagné en chemin.
Le temps des excuses est révolu. Le reste du mandat doit être une période de courage.
Alors que le XXIe siècle est bien entamé, l’Espagne maintient un concordat avec le Saint-Siège — connu sous le nom d’Accords de 1976 et 1979 — qui consacre des privilèges au profit du catholicisme et porte atteinte à la liberté de conscience des citoyens. Le recours continu aux fonds publics pour financer le clergé constitue un anachronisme. Le fait que des milliards d’euros soutiennent les écoles catholiques et l’endoctrinement religieux en classe représente une anomalie démocratique. Que nos lois en matière d’éducation et de fiscalité soient conditionnées par des accords internationaux conclus avec le Vatican constitue une altération de la souveraineté populaire
Les concordats ne sont pas des instruments neutres. Historiquement, ils ont servi d’outils d’ancrage institutionnel à des régimes autoritaires tels que ceux d’Hitler, de Mussolini, de Franco ou de Salazar. Ce n’est pas un hasard.
Les groupes parlementaires qui soutiennent actuellement le gouvernement ont préconisé, dans leurs programmes, l’abrogation de ces accords. Le Parlement a également réclamé cette mesure au cours de législatures précédentes.
On ne peut parler de véritable réforme de l’enseignement tant que ce Concordat reste en vigueur.
La liberté de conscience ne peut être pleinement garantie tant qu’existent des privilèges consacrés par la loi.
Les accords de 1976 et de 1979 constituent le dernier bastion juridique des privilèges ecclésiastiques. Or, tout bastion peut être démantelé."
Plusieurs centaines de personnalités, associations, syndicats et partis politiques sont signataires de ce manifeste dont, pour la France : Henri Peña Ruiz, Comité Laïcité République – CLR, ÉGALE – Égalité Laïcité Europe, Fédération Nationale de la Libre Pensée, Les Pupilles de l’enseignement public – Les PEP, Ligue de l’enseignement, Débats laïques.
Le souverain pontife est le chef religieux des catholiques, il est également chef du Saint-Siège lequel possède une personnalité juridique internationale propre qui entretient des relations diplomatiques avec la plupart des État. C’est donc le Saint-Siège qui est partie aux traités, aux concordats, que le Pape signe. C’est auprès du Saint-Siège que les ambassadeurs sont accrédités. Il entretient des relations diplomatiques avec la plupart des États.
Enfin, le Saint Siège est un État observateur permanent non-membre auprès de l’ONU depuis 1964. Il peut participer aux débats, prendre la parole, soumettre des propositions et cosigner certains projets de résolution, mais il ne dispose pas du droit de vote à l’Assemblée générale. C’est le Saint-Siège lui-même qui a choisi de ne pas devenir un État membre à part entière, notamment pour préserver son rôle de neutralité diplomatique et de médiateur dans les relations internationales
Les accords du Latran, signés le 11 février 1929, mettaient fin au conflit vieux de 60 ans entre le Saint-Siège et le Royaume d’Italie, ce dernier ayant annexé les États pontificaux et la ville de Rome, à l’occasion de l’unité italienne (Risorgimento). Ainsi, l’Italie reconnaissait la Cité du Vatican comme un État souverain et indépendant.
M.F
Gérard Delfau, Directeur de la collection




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